The Jah

The JAH

Jaouad Bentama est issu d’un milieu très défavorisé mais d’une famille unie. Pour arrondir les fins de mois, les Bentama père &fils, passent leurs weekends à revendre les objets ramassés dans la rue, aux puces de la porte de Saint-Ouen. Pour lui, c’est une activité comme une autre où il y retrouve chaque semaine les mêmes personnes, une petite communauté qui s’entraide, se connaît. « Il y avait une sorte de légende urbaine dans ce milieu. Nous nous connaissions tous et lorsqu’un tel ou une telle manquait à l’appel, les gens disaient, il a trouvé un Picasso ou un Renoir, il l’a revendu et maintenant il a acheté un château ! J’y croyais dur comme fer et je disais à mon frère : mais c’est qui ce Picasso ? Je vais aller le trouver moi, et on sera riche !

Une initiation déterminante.

Un jour lorsqu’il a 11 ans, à la sortie de l’école ce n’est pas sa mère qui vient chercher le petit Jaouad mais leur voisin, Monsieur Pierrot. « C’était notre voisin, mais je le trouvais bizarre, il ne parlait pas beaucoup, il me faisait un peu peur je crois ». Soit, ce jour-là, pour dépanner la maman surmenée, il récupère Jaouad. Il l’emmène chez lui, lui donne quelques gâteaux et pour l’occuper lui donne trois tubes de gouache et un pinceau. « Occupe-toi mon grand ». « Avec ces quelques mots, il m’a mis en confiance et j’ai commencé à peindre, à le regarder peindre aussi. ». Voilà comment grâce à son voisin qui lui foutait la trouille, Jaouad a découvert la peinture et qu’il était doué pour quelque chose.

A partir de ce moment-là, il dessinera et peindre tous les jours, seul dans sa chambre. La famille ayant d’autres priorités, personne ne se penchera sur ses dessins mais lui ne s’arrêtera pas.

La fureur de vivre et le départ pour New York.

Petits boulots et grosse dépression. Voilà comment nous pourrions définir l’adolescence de Jaouad. Une descente aux enfers parisienne malgré la famille et les copains, il n’arrive pas à remonter la pente. Il crée beaucoup mais n’a pas d’espoir en la vie, ni confiance en lui. Et puis un déclic, un sursaut de vie lui fait mettre quelques affaires dans une valise et partir à New York, la ville de tous les possibles.

Un matin d’octobre 2012, il débarque dans cette ville qui ne connaît pas et où personne ne le connaît et là tout va très vite. Il produit, rencontre les gens facilement, n’a plus peur et expose beaucoup.

Rien n’est encore gagné mais l’espoir est retrouvé. Il se dégage de Jaouad une fureur de vivre et de créér des œuvres qui rappellent l’enfance, la légèreté, la bonne humeur.

Partir de New York un jour ? Sa réponse est simple : « J’y ai trouvé la vie, j’y laisserai mon âme ».