Salvatore Coccoluto

Originaire de Gaeta, petite ville au nord de Naples où les terres imposent leurs puissances et leurs hétérogénéités, Salvatore y trouve l’essence de son imagination, l’austérité de son indépendance esthétique.

 

Arrivé en France en 1990, il ne cesse de lier l’image de ses terres d’origine à d’étrangères – non moins analogues – jusqu’à créer un univers nostalgique, pour ainsi dire romantique, qui motive sa quête d’une vérité ou réalité absolue qui n’est autre que la sienne.

Les toiles de Salvatore appellent plusieurs pratiques, de la peinture comme base de création, à la sculpture dans sa maturité en passant par la performance imaginaire dans la domination des matières.

Des petits formats au plus imposants, son travail amène à penser le geste comme élément fondateur de la création plastique et nous invite à comprendre, ou du moins discerner, les étapes successives de peintrification, de la couche « canevas » jusqu’à l’empâtement et le volume final.

Expressives et autant suggestives, ses oeuvres font entrer l’observateur dans un système de correspondance symbolique où il retrouvera les émotions que véhiculent les couleurs, les cumuls de matières, les formats, les débordements.

C’est d’ailleurs sous ce terme plurivoque de « mille-feuille » qu’il nomme métaphoriquement ses ouvrages, laissant entendre l’acception d’une succession d’images mémorielles, mais aussi celle du Temps, chronographique, construction de l’accumulation des années et millénaires.

Le contrôle de la matière plastique approche ici la régence du temps dans tous processus de sédimentation. Les métaphores abondent entre les représentations topographiques de diverses terres et le cumul des couches picturales. Le lien est méditatif, voire métaphysique, entre l’homme le temps et la matière. Voyages et citations font dès lors parti du dispositif créatif et nous invitent à une expédition, où « le désordre, la turbulence et l’imprévu » n’y sont pas exclu, mais où « le bonheur [est] marié au silence ».