Michael Barek

MICHAEL BAREK

 

Né à Paris en 1970, il y travaille aujourd’hui. Armé quelques temps de bombes aérosol, il s’imprègne de la technique du graffiti, des supports de la rue, de la débrouille et de la musique. Être à l’avant-garde de son art, se renouveler sans cesse, c’est bel et bien un « artiste ». Michael Barek s’alimente et puise ses influences au travers de plasticiens comme Francis Bacon, P. Alechinsky, Jean Michel Basquiat ou des illustrateurs comme R. Crumb. Observateur et réceptacle du monde qui l’entoure, il construit ses traits et son monde de signes primitifs, la peinture mexicaine, la culture mexicaine, la culture maghrébine ou encore africaine.

 

Michael fabrique son vocabulaire. Sa peinture devient une écriture qu’il faut apprendre à lire. Les couleurs et les formes en sont les termes, les lignes la ponctuation. L’humour de Michel Barek est bileux et noir, le rire qu’il provoque est inconfortable. Les aplats de couleurs et le traitement des détails méticuleux sont crûment juxtaposés. Devant des fonds souvent lumineux il pose ses faisceaux de lignes graphiques qui viennent serpenter ou segmenter ludiquement la surface pour donner un rythme général. Le spectateur, happé, se perd dans le labyrinthe. Le côté hybride de son art est le résultat d’un mélange de techniques telles que la peinture, le graffiti, les collages et les assemblages. L’important est d’expérimenter.

 

Ce qu’il a pratiqué la veille ne l’intéresse plus le lendemain. Mais, obsessionnel, il n’abandonne pas complètement.
 Michael Barek affûte avec obsession pinceaux et brosses. Il emmagasine et conserve dans son carnet des bouts de papelards découpés, des dessins … Son rapport aux papiers est déterminant, leurs accidents apparaissent chez lui comme des incidences. Il en arrive à des accumulations, à des collisions et à des recouvrements.

 

Armé de ses visions, il alimente sans cesse son répertoire. 
Le thème de la mort passe souvent au premier plan : la face obscure et menaçante de l’existence est très largement représentée dans son oeuvre. Engagé et enragé face au monde qui l’entoure, Miche Barek multiplie les symboles et donne un ordre constructif au chaos : des têtes de morts pour incarner les « zombies » spectateurs de leur chute, des oiseaux charognards pour les détenteurs de pouvoir, des arbres pour les racines absentes, des dents serrées pour accentuer la tension de ce qu’il ressent. Et ses visions… car Michel Barek est aussi un rêveur conscient.

 Celui-ci est avant tout peintre. Un peintre d’idées. En grand coloriste, il maîtrise les teintes franches et chatoyantes. Il leur donne vie par la matière, il anime avec force ses récits par l’exactitude de sa touche d’un geste incisif, sans trembler. Car il est armé.