Retour au métier d’antiquaire

Entretien avec Camille Burgi autour de son retour au métier d’antiquaire et de ses impressions sur l’actualité de l’art.

  Après avoir dirigé pendant plusieurs années une maison de ventes, vous revenez à vos premières amours : le commerce de l’antiquité, toujours dans le quartier Drouot. C’est bien cela ? Camille Burgi : C’est exact. Je reprends mon métier d’antiquaire, plus précisément mon activité de chasseur de trésors. Je voyage un peu partout à la recherche des plus beaux objets d’art des 17e et 18e siècles. Entre autres choses, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir une merveilleuse plaque florentine en pierres dures de la fin du 16e siècle, à décor de cygnes. J’ai déniché un rare mortier en porphyre monté en bronze doré, d’époque Louis XIV, qui pourrait figurer dans les collections du Louvre ou de Versailles… Je vends à des collectionneurs privés et des musées.   Qu’avez-vous pensé de la dernière Biennale des Antiquaires de Paris ? Quels ont été vos impressions et vos coups de cœur ? Camille Burgi : À l’occasion du diner de gala au Grand Palais, j’étais content de montrer à mon épouse les splendeurs du 18e siècle. Mais à part quatre stands, j’ai été déçu de voir le mobilier moderne éclipser l’héritage artistique du Siècle des Lumières. Pourtant il y a de quoi créer un beau salon d’art ancien, grâce à toute une nouvelle génération d’antiquaires talentueux prêts à prendre la relève. À la Biennale, mon coup de cœur est allé à la galerie Jean Gismondi, avec ses plaques de pierres dures et ses cabinets en marqueterie de pierres dures. Disparu fin août, Jean Gismondi était un des 10 plus grands antiquaires au monde, apprécié de tous pour son humanité et sa bienveillance envers ses confrères, une qualité rare dans le métier.   Le Syndicat National des Antiquaires (SNA) a procédé le 21 octobre au renouvellement de sa gouvernance, suite à une campagne électorale qui a commencé avec la destitution, deux mois avant le coup d’envoi de la Biennale, de son président Christian Deydier… Camille Burgi : C’est comme cela chez les antiquaires, c’est la guerre permanente ! Bataille d’égos, course aux pouvoirs, jalousie, guerre des clans…  Je pense que Christian Deydier a été le plus grand président du Syndicat, dynamique et enthousiaste. Nous verrons ce que la nouvelle équipe nous réservera, sous la présidence de Dominique Chevalier (qui fera peut-être revenir la tapisserie ancienne à la Biennale). Toute la force de ce syndicat réside dans ses 400 membres qui ont tous un rôle à jouer dans la transmission de leur passion. De nombreux jeunes antiquaires espèrent entrer au syndicat, dans l’espoir de faire la Biennale un jour. En attendant, ils initient des amateurs d’art novices. Au fil du temps, ces clients affinent leur goût et s’enhardissent pour passer la porte des grands marchands.   Quelle exposition conseillez-vous d’aller voir ? Camille Burgi : Sans hésiter, je me réjouis de la réouverture des salles d’objets d’art du musée du Louvre, après huit années de fermeture. L’exposition de ce mobilier d’exception apporte un rayonnement indéniable à ma spécialité. C’est une réussite totale, grâce à l’intervention du décorateur Jacques Garcia qui est le metteur en scène qu’il faut à la prochaine Biennale des Antiquaires en 2016.

Propos recueillis par Armelle Malvoisin

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